Les biais de l’esprit

Une approche originale d’un ingénieur agronome associé à un chercheur en mathématiques qui décortiquent les biais cognitifs à travers le courant de la psychologie évolutionniste.Ou pour faire plus simple, qui analysent les tendances de notre esprit à réagir comme nos ancêtres le feraient avec tout l’aspect irrationnel de certains comportements ou de certaines décisions par rapport au contexte actuel.

Comme la psychologie évolutionniste fait le pari qu’une personne lucide et informée en vaut deux, la connaissance de ces biais de l’esprit est fort intéressante.

Voici donc quelques fonctionnements automatiques identifiés par les auteurs:

  • Certains de nos choix, vertueux aujourd’hui, sont insouciants du soi futur qui devra faire avec.
  • Nos comportements sont bien souvent déterminés par notre anticipation des seuls effets à court terme de nos décisions.
  • Les statistiques à grande échelle ont moins d’impact sur notre esprit que les témoignages de familiers
  • Nos comportements et réactions à des menaces potentielles (fuite, évitement, défense agressive, immobilité, soumission ou apaisement) sont liés à la durée de la préhistoire bien plus qu’à la période industrielle datant d’à peine 250 ans.
  • Les émotions jouent un rôle crucial lorsque nous prenons des décisions, cela est lié à la manière dont le cortex et l’amygdale sont connectés.
  • A postériori, nous attribuons nos succès à nos actes et nos échecs aux autres ou à des évènements extérieurs.
  • Nous sommes plus sensibles à  un changement négatif (perte) qu’à un changement positif (gain).
  • On adopte le point de vue de l’autre ou de la majorité des gens en supposant que les autres ont fait le bon choix. On espère faire nous aussi le bon choix en les copiant.
  • Nous avons tendance à nous présenter sous un jour favorable qui soit conforme aux normes culturelles du moment. Les enquêtes de consommateurs comportent donc bien souvent des biais de réponse en fonction de l’image que l’on veut donner de soi-même.
  • Nous adoptons encore des comportements que l’on a du mal à considérer comme adaptés de nos jours mais qui étaient rationnels autrefois (attirance pour les aliments gras, salés, sucrés, peur des serpents, araignées, insectes…)
  • La jalousie sexuelle et la peur de l’abandon sont les causes principales des drames conjugaux (80% des femmes et 90% des hommes fantasment de tuer les gens qu’ils n’aiment pas)
  • La science est produite par les humains avec leurs biais. La méthode scientifique est un ensemble de procédures destinées à lutter contre nos propres biais. Elle s’efforce de toujours rester ouverte à la réfutation.

Prendre connaissance de ces biais peut permettre de comprendre d’où viennent certains de nos réflexes qui peuvent nous porter préjudice. L’idée étant de reconnaître ceux qui nous correspondent, d’analyser si ils sont adaptés ou non à la situation et de se donner la liberté de s’en affranchir pour ceux qui nous encombrent. Car s’il y a une chose qui n’est pas suffisamment abordée dans le livre, c’est que l’homme a des facultés de réflexions très élaborée et que son cerveau cognitif peut largement maîtriser ses réflexes archaïques, sinon on n’en serait pas là !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *