Victime, bourreau ou sauveur…

Comment sortir du piège ?

Connaissez-vous le triangle dramatique de Stephen Karpman ? D’après Christel Petitcollin, notre société entière est basée sur ce fonctionnement où chacun prend tour à tour les rôles de victime, bourreau ou sauveur alternant en fonction des réactions de son interlocuteur et de ses propres automatismes. Ce phénomène de jeu psychologique a l’intérêt de renforcer un sentiment d’exister, pourtant son impact est toujours négatif. Ce livre a pour but de favoriser une prise de conscience des échanges toxiques dans lesquels on peut se laisser facilement emporter avec des conseils pour en sortir. Attention, cette lecture pourrait bien vous amener à développer des relations saines et bienfaitrices !

J’avais déjà vu quelques vidéos concernant le triangle de Karpman avec l’envie d’en apprendre d’avantage. Ce livre est très facile à lire, avec des explications claires au sujet des engrenages de ces jeux psychologiques. L’auteur commence par détailler les mécanismes mis en jeu, les profils de victime, bourreau et sauveur et justifie l’entrée dans ce triangle par le besoin d’obtenir une reconnaissance de notre existence ce qui amène à préférer un échange négatif que de se sentir ignoré.

Ce livre apporte une solution pour développer des échanges harmonieux basée sur la prise de conscience individuelle et la responsabilisation. « Chacun, à son niveau, doit devenir conscient de ses propres jeux et apprendre à combler autrement son besoin de stimulation ». En effet, chacun des trois rôles décrit possède sa face nocive.

Le rôle de la victime a pour objectif d’inspirer la pitié pour être pris et charge et reporter sur l’autre la responsabilité de sa souffrance ou de son potentiel bonheur.

La négativité du bourreau est évidente. Autoritaire, sévère, méprisant, il intimide et juge. On le craint et on hésite à le contrarier.

Le sauveur possède sa face obscure lui aussi. Bien qu’ayant des qualités telles que la générosité, le courage, l’altruisme, son côté protecteur est infantilisant, son aide peut être inadéquate, non sollicitée et sert à créer une relation de dépendance où l’autre lui serait redevable.

Selon l’auteur, ce choix d’un rôle est à 10% justifié mais à 90% utilisé à des fins manipulatrices. Le plus destructeur est l’utilisation de ces comportements dans le cadre de son rôle de parent. Un enfant ne peut pas être tenu pour responsable du malheur (rôle de victime) ou de la colère (rôle de bourreau) de son parent. En revanche, les adultes sont pleinement responsables de ce qu’ils font endurer à leurs enfants car ce sont eux qui détiennent le pouvoir dans la relation. Le parent sauveur doit progressivement laisser son enfant devenir autonome, accepter qu’il fasse ses propres erreurs car c’est ce qui lui donnera confiance en lui.

Voici plusieurs leçons de vie extraites du livre :

« Le bonheur c’est peut-être de renoncer au plaisir d’être malheureux et de redevenir le pilote de sa vie au lieu d’en être le passager. »

« Nous n’avons pas le pouvoir de rendre heureux ceux qui n’ont pas envie de l’être comme nous n’avons pas le pouvoir de rendre malheureux ceux qui n’ont pas envie de l’être. » Et son application à soi-même : « Personne n’a le pouvoir de me rendre heureux, on ne peut pas non plus me rendre malheureux quand je n’en ai pas envie. »

« Il faut apprendre à préférer l’intimité et les échanges positifs à l’excitation négative et malsaine des jeux. »

« Il est plus important de fuir et de se mettre à l’abri que de prendre soin des besoins existentiels des manipulateurs. » 

La solution passe par le fait d’acquérir une autonomie affective, à diminuer petit à petit le nombre de parties que l’on initie ou dans lesquelles on se laisse emporter et par pratiquer le sadisme joyeux! Car en sortant du triangle, celui qui vous y entraînait est déstabilisé, révolté. Il pourrait même vous accusez de tricher, d’avoir changé, d’être devenu mauvais voire fuir votre compagnie, mais après tout, c’est ce qui pourrait vous arriver de mieux!

Prenez un papier, un crayon, voici les questions (extraites du livre):
« Laissez les autres jouer et concentrez-vous sur vous-même. Vous êtes forcément un joueur vous aussi. C’est seulement en découvrant vos jeux que vous pourrez détecter les jeux de vos coéquipiers, qui sont complémentaires aux vôtres.

Quel type d’incident a tendance à être répétitif dans votre vie?
Quelle position dans le triangle adoptez-vous volontiers ?

A quoi jouait-on dans votre famille quand vous étiez enfant ?

Quels sont les domaines dans lesquels vous vous sentez en échec ? »
Pour aller plus loin, je vous invite fortement à lire ce livre !

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