La nuit, j’écrirai des soleils

Rien qu’avec le titre, on est emporté dans une métamorphose.

Comment créer du positif à partir de la souffrance par le biais de l’écriture?

Boris Cyrulnik répond à cette question en se basant sur sa propre expérience ainsi que sur l’analyse du parcours de nombreux écrivains.

Selon l’auteur, l’écriture aide à intégrer ses souvenirs, à combler le gouffre de la perte, à construire une réalité permettant de dépasser les traumatismes vécus. L’écriture peut devenir un facteur de résilience à partir du moment où l’auteur crée un nouveau développement afin que ce qui est écrit remplace ce qui a été vécu.
Dans d’autres cas où l’écriture reste figée dans le passé, elle peut renforcer la souffrance et avoir un effet destructeur. L’écriture d’une autobiographie qui est un besoin courant pour témoigner tout en évacuant la souffrance est donc à double-tranchant.

Boris Cyrulnik a expérimenté l’écriture de son autobiographie: « Sauve-toi, la vie t’appelle ». Il explique que ce qui l’a le plus surpris c’est la modification de ses souvenirs. Le travail de l’écriture lui a permis de modifier sa mémoire, de se détacher de la détresse de son enfance. Il décrit également une expérimentation auprès de soldats qui en écrivant sur ce qui arrivait ont adouci l’affect lié à l’horreur de leur quotidien.

Pour lui, l’écriture doit élaborer, envisager plusieurs possibilités ce qui permet de remanier la mémoire, de créer des liens favorisant ainsi la mise à distance qui contrôle les émotions. Boris Cyrulnik illustre ses propos par des exemples d’écrivains qui, en fonction de leurs problématiques, ont construit leur oeuvre pour témoigner, attaquer, s’évader, transcender.   

Une lecture passionnante que je recommande à tous, écrivain ou non !

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