Le cerveau mimétique

A partir des neurones miroirs, les découvertes sont allées plus loin avec l’élaboration du cerveau mimétique décrit par Jean-Michel Oughourlian. La théorie du désir mimétique est très intéressante, bien que perturbante. Elle se base sur l’étude de l’apprentissage chez l’enfant qui est basé sur l’imitation. C’est en imitant le modèle parental, le copain de la crèche, la puéricultrice… que l’enfant acquiert de nouvelles compétences. Cet apprentissage est dirigé par le désir de l’autre que l’enfant comprend afin de le satisfaire ou de se l’approprier. Le premier sourire en réponse au sourire du parent, les babillages face aux sollicitations de langage ou encore le désir de la pelle rouge que l’autre enfant tient dans la main parce qu’elle a l’air mieux que les autres.

Jusque là, rien de très étonnant, mais lorsqu’il explique que nous avons le même comportement en tant qu’adulte à construire notre désir en s’inspirant ou en copiant le désir de l’autre, c’est déjà plus destabilisant !

Ce principe peut avoir des effets vertueux car en étant guidé par des personnes modèles que l’on souhaite imiter voire dépasser, on peut s’engager dans des relations épanouissantes et développer de nouvelles compétences. La situation devient plus problématique lorsqu’on envisage l’autre comme un rival sur un désir qu’il n’est pas possible de partager et qui de fait devient une lutte de pouvoir. La troisième face de l’autre est encore plus difficile à surmonter puisqu’il peut devenir, de notre point de vue, un obstacle insurmontable qui empêche la réalisation de notre désir.

Cette théorie du désir mimétique associé à la triade des relations modèle/rival/obstacle permet d’expliquer bon nombre d’interactions et l’on comprend aisément comment la violence peut naître d’une base de rival/obstacle totalement inconsciente.

Le cerveau mimétique est la première interface dans la relation. La bonne nouvelle c’est qu’il est secondé par un cerveau cognitif et un cerveau émotionnel qui peuvent analyser les réflexes d’interactions induits et même les contrôler, pour peu, comme souvent, que l’on en soit conscient.

Petit à petit, on peut apprendre à se libérer des conditionnements qui nous ont été inculqués par nos parents, la société… et se dégager des mimétismes rivaux qui nous imprègnent et nourrissent la violence.

Prenez un papier, un crayon, voici les questions :

Quels sont vos désirs ?

Pouvez-vous faire un tri entre ceux qui sont inspirés du désir des autres et ceux qui vous tiennent réellement à coeur? 

Parmi vos relations, quelles personnes sont actuellement vos modèles ? vos rivaux? vos obstacles ?

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